Hommage aux papas qui ne sont plus là..

Il y a 29 ans mon papa nous quittait.. Voici quelques textes que j'aime.
Mon Père.
Paroles et Musique: Michel Mallory, Marc Benoît   1973
Que la maison me parait vide
Sans son désordre et sans sa voix
Ça me semble encore impossible
Pourtant il y a deux ans déjà

Ma mère a rangé tous ses livres
Et ses outils de jardinier
Tous ces objets qu'il faisait vivre
Qui eux aussi vont s'ennuyer

Il ne parlait pas de la guerre
Pourtant mon héros c'était lui
J'étais si fière qu'il soit mon père
Fière de m'appeler comme lui

Ses colères étaient des tempêtes
Lorsque j'avais désobéi
Et puis il pleurait en cachette
Parce que j'avais un premier prix

C'était plus que de la tendresse
Qu'il avait pour tous nos rosiers
Il peignait avec maladresse
C'était toujours moi qui posais

Je sais bien que je lui ressemble
Je suis têtue comme il l'était
J'ai ses yeux et ses côtés tendres
Et j'aime tout ce qu'il aimait

C'était mon ami et mon frère
Et tous mes souvenirs d'enfant
C'était mon ami et mon père
Et il me manque bien souvent


Lettre à mon Père

Paroles et Musique: Yves Duteil   2002  "Sans Attendre"
je te cherchais depuis longtemps
tu m'as laissé en t'en allant
un grand paquet de mots d'amour
et ce silence encore si lourd
le souvenir de ces chimères
que tu fuyais pendant la guerre
les bateaux, les trains, les camions
les quais de gare et les wagons
la frayeur de ces années noires
je la lisais dans ton regard
avec l'horreur, le désespoir
et le travail obligatoire
peut-être un jour si tu m'attends
on parlera de tout ce temps
on a perdu sans rien se dire
ne pas savoir se sourire
quand je sentais venir la fin
je me revois tenir ta main
et te parler pendant des heures
en regardant battre ton coeur
a ta façon, tu nous aimais
mais tous les mots qu'on attendait
restaient enfouis bien trop profond
en souffrance dans leur prison
de la haut, si tu nous entends
reviens vers nous de temps en temps
as-tu enfin trouvé la paix
et le repos là où tu es
j'avais tout juste 50 ans
tu m'as légué en t'en allant
ce regard triste et douloureux
un portrait d'enfant malheureux
qui n'a pas pu trouver sa place
enfermé dans sa carapace
et sur qui les fées ni les dieux
n'ont jamais du poser les yeux
après avoir tant bien que mal
grandit à l'ombre d'une étoile
sans pour autant trouvé le nord
il t'a fallu partir encore
marcher de nuit à travers champ
mais dans tes lettres avec le temps
de ces souffrances et de ces peurs
il ne reste que le meilleur

hum...

à ta façon, tu nous aimais
mais tous les mots qu'on attendait
restaient enfouis bien trop profond
en souffrance dans leur prison
de là haut, si tu nous entends
reviens vers nous de temps en temps
as-tu enfin trouvé la paix
et le repos là où tu es
toi mon père que j'aimais tant
je te cherchais depuis longtemps
mais tu voyages désormais
près de moi bien plus que jamais
repose en paix dans nos mémoires
le plus tendre de notre histoire
se sont les mots qu'on a pas dit
c'est à toi que je les dédie

 

Nantes

Paroles et Musique: Barbara   1964

Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin

Un matin comme celui-là
Il y a juste un an déjà
La ville avait ce teint blafard
Lorsque je sortis de la gare
Nantes m'était encore inconnue
Je n'y étais jamais venue
Il avait fallu ce message
Pour que je fasse le voyage:

"Madame soyez au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Faites vite, il y a peu d'espoir
Il a demandé à vous voir."

A l'heure de sa dernière heure
Après bien des années d'errance
Il me revenait en plein cœur
Son cri déchirait le silence
Depuis qu'il s'en était allé
Longtemps je l'avais espéré
Ce vagabond, ce disparu
Voilà qu'il m'était revenu

Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Je m'en souviens du rendez-vous
Et j'ai gravé dans ma mémoire
Cette chambre au fond d'un couloir

Assis près d'une cheminée
J'ai vu quatre hommes se lever
La lumière était froide et blanche
Ils portaient l'habit du dimanche
Je n'ai pas posé de questions
A ces étranges compagnons
J'ai rien dit, mais à leurs regards
J'ai compris qu'il était trop tard

P -vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Mais il ne m'a jamais revue
Il avait déjà disparu

Voilà, tu la connais l'histoire
Il était revenu un soir
Et ce fut son dernier voyage
Et ce fut son dernier rivage
Il voulait avant de mourir
Se réchauffer à mon sourire
Mais il mourut à la nuit même
Sans un adieu, sans un "je t'aime"

Au chemin qui longe la mer
Couché dans le jardin des pierres
Je veux que tranquille il repose
Je l'ai couché dessous les roses
Mon père, mon père

Il pleut sur Nantes
Et je me souviens
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin
Pourtant j'étais au rendez-vous.

 

  

 Mon vieux

Paroles: Michèle Senlis & Daniel Guichard. Musique: Jean Ferrat   1974

Dans son vieux pardessus râpé

Il s'en allait l'hiver, l'été
Dans le petit matin frileux
Mon vieux.

Y avait qu'un dimanche par semaine
Les autres jours, c'était la graine
Qu'il allait gagner comme on peut
Mon vieux.

L'été, on allait voir la mer
Tu vois c'était pas la misère
C'était pas non plus l'paradis
Hé oui tant pis.

Dans son vieux pardessus râpé
Il a pris pendant des années
L'même autobus de banlieue
Mon vieux.

L'soir en rentrant du boulot
Il s'asseyait sans dire un mot
Il était du genre silencieux
Mon vieux.

Les dimanches étaient monotones
On n'recevait jamais personne
Ça n'le rendait pas malheureux
Je crois, mon vieux.

Dans son vieux pardessus râpé
Les jours de paye quand il rentrait
On l'entendait gueuler un peu
Mon vieux.

Nous, on connaissait la chanson
Tout y passait, bourgeois, patrons,
La gauche, la droite, même le bon Dieu
Avec mon vieux.

Chez nous y avait pas la télé
C'est dehors que j'allais chercher
Pendant quelques heures l'évasion
Tu sais, c'est con!

Dire que j'ai passé des années
A côté de lui sans le r'garder
On a à peine ouvert les yeux
Nous deux.

J'aurais pu c'était pas malin
Faire avec lui un bout d'chemin
Ça l'aurait p't'-êt' rendu heureux
Mon vieux.

Mais quand on a juste quinze ans
On n'a pas le cœur assez grand
Pour y loger tout's ces chos's-là
Tu vois.

Maintenant qu'il est loin d'ici
En pensant à tout ça, j'me dis
"J'aim'rais bien qu'il soit près de moi"
PAPA...

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Commentaires (1)

1. Gwen 23/06/2012

C'est vraiment un très bel hommage que tu rends magnifique et emouvant...
Et oui je pense que c'est lorsqu'un être n'est plus de ce monde qu'on se rend compte qu'il nous manque et quel vide il laisse dans notre vie...
Gros Bisous Ma Popine
Caresses aux GFDLB

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